Un peu d'histoire...

gHellequin

      En 1978 les colonies d'abeilles qui peuplaient l'île de Ouessant ont disparus depuis longtemps sans que la mémoire collective n'en ait gardé la raison. C'est au cours de cette année qu'un Ouessantin, amateur passionné, Mr Georges Hellequin, réintroduisit deux colonies d'abeilles de l'écotype régional.

En 1987 ce précurseur est rejoint par quelques apiculteurs du continent qui devant l'invasion fulgurante du varroa, sur l'ensemble du territoire français décidèrent de mettre à l'abri l'écotype breton de l'Apis mellifèra mellifèra . Des colonies furent sélectionnées dans les monts d'Arrée, dans la région des abers et de la Roche Maurice puis tous naturellement installées sur l'ile de Ouessant . Eloignée d'une vingtaine de kilomètres des cotes finistèriennes, l'océan constituait dés lors un obstacle infranchissable pour l' envahisseur. L'équipe fondatrice s'organise, le rucher conservatoire prend forme et en 1989 l'association de l'abeille noire bretonne « Kevredigezh Gwenan du Breizh » est crée.

Petit à petit les souches qui ne correspondent pas aux critères stricts de l'écotype régional sont éliminées. En 1991, un arrêté municipal vient reconnaitre ce travail de sélection et renforcer la protection de ce patrimoine en interdisant l'introduction de tous patrimoine génétique exogène et ainsi éviter toutes hybridations. Des mesures drastiques complémentaires sont mises en place pour éviter l'importation accidentelle de virus ou de l'acarien tant redouté. Tout matériel entrant est neuf et les équipements de protection individuels sont fournis aux intervenants et restent sur l'ile.

L'entrée de matériels ou d'équipements usagés n'est désormais plus toléré.

En 1995, en collaboration avec le monde scientifique, un protocole de mesure est établi afin de dresser la carte d'identité de l'écotype breton de l'abeille noire. Durant quatre années, plusieurs centaines de souches sont testées, leurs mesures biométriques analysées. Toutes les souches hors caractéristiques sont éliminées.

En 2005, en partenariat avec le Parc Régional d'Armorique et dans le cadre de la protection des races à faibles effectifs, l'association créé un rucher à Menez Meur sur la commune d'Hanvec (29).

En 2006, Une équipe de scientifique du CNRS précise que l'abeille noire de Ouessant serait la seule race pure de la lignée en France. Le conservatoire est constitué alors de 150 colonies.

Depuis le conservatoire s'emploie à conserver et à multiplier ce patrimoine génétique exceptionnel afin de le mettre à disposition des apiculteurs amateurs ou professionnels du continent. A collaborer avec le monde scientifique où cette abeille sert de témoin blanc dans de multiples expérimentations.

En 2008, le conservatoire de l'abeille noire intègre les locaux du phare du Stiff mis a disposition par le Conservatoire du Littoral. Un bâtiment est alloué à la miellerie et aux pièces d'intendance pour différents intervenants de l'association et un second aux expositions « Ouessant de A à Z » et « abeille noire ». Tenues, à tour de rôle par les membres de l'association, elles sont visitables durant l'été.

De 2008 à 2010, l'association emploi à temps partiel un technicien apicole pendant la saison.

Depuis le début 2011, le poste salarié est pérénisé. Le technicien, à temps plein, gère l'ensemble des 130 colonies et 80 nucleis des ruchers, quantité optimale au vue de la surface et des ressources de l'ile.

En 2014, l'association s'équipe d'un véhicule électrique E-Box 4X4 de Little Car pour optimiser le travail sur les ruchers. Proximité d'approche dans les ruchers, silence, et non pollution.