L'île d'Ouessant est devenue le sanctuaire des abeilles noires

acanbPress3 La voix du nord 2011

 
Cette mouche à miel qui butine de fleur en fleur près du rivage est une abeille noire : l'espèce. qui avait presque disparu en France, s'est refait une santé sur l'île d'Ouessant, fragile écrin de verdure préservé des pollutions et des pesticides, au large du Finistère. Malgré ses qualités — le miel est meilleur, l'abeille plus travailleuse, mieux adaptée au climat tempéré et souvent moins agressive — les apiculteurs lui ont préféré l'exotique abeille jaune. Et ont bien failli faire disparaitre l'espèce autochtone présente sur le continent depuis un million d'années.

Exportations en Europe
Cet hyménoptère très poilu — d'où sa couleur sombre et son nom — a le principal défaut d'être « trop performant ». explique Jean-Luc Hascoét, l'apiculteur du rucher d'Ouessant qui veille sur les 150 ruches du conservatoire. « Elle sort plus tôt le matin et rentre plus tard le soir. Mais surtout, elle fait tout le travail en deux mois alors que la jaune démarre doucement au printemps et achève la miellée la fin de l'automne. Les apiculteurs sont dé- - au début », note-t-il.


À Ouessant, l'abeille noire a trouvé un refuge et la pureté à 100% de la variété a été établie. Régulièrement, des centaines de reines élevées au conservatoire et jusqu'à 500 ruchettes par an sont expédiées à des laboratoires, des particuliers et des professionnels en France et en Europe. Ainsi, l'abeille noire a repeuplé une grande partie de la Bretagne, sa région d'origine. Cependant, une fois sur le continent, les abeilles noires n'échappent pas à l'hécatombe qui a frappé les ruchers ces quatre dernières années, les apiculteurs d'Europe et d'Amérique ont perdu de 30 à 80%, de leurs ruchers sans que la cause ne soit clairement identifiée.

Pour Jean-Luc Hascoet, les responsables de la mortalité des abeilles continentales sont les produits phytosanitaires et autres insecticides massivement répandus sur les cultures intensives.